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Alice au pays de Tim Burton

 L'un des projets franchement excitants dans les tuyaux actuellement est sans conteste la relecture d'Alice au pays des merveilles par le réalisateur Tim Burton.

Walt Disney Pictures

 Le film mélangera les prises de vues réelles et les images de synthèse. Tim Burton, qui s'était merveilleusement essayé à l'animation avec L'Etrange Noël de Mr Jack (dont il était scénariste et producteur), semblait destiné à se frotter un jour à la magie des aventures d'Alice.

 Le conte psychologique de Lewis Carroll est à n’en pas douter une oeuvre collant parfaitement à son esprit tordue et je suis certain qu’il va faire des merveilles avec. En attendant le film, prévu en début 2010 aux U.S. voici une des premières images du tournage et plus précisément celle de la jeune actrice incarnant Alice.

 
Tim Burton
Né le 25 Août 1958 à Burbank, Californie (États-Unis)
Parution dans Abraham Lincoln: Vampire Hunter - 3D, Big Eyes, Dark Shadows
Bad Lieutenant

 Bad Lieutenant c’est l’histoire d’un flic, un sale flic, qui engueule ses mômes et sa femme, sniffe des rails de coke, picole dès l’aube, parle mal à tout le monde, se fout de la morale et de l’éthique, s’envoie en l’air avec des prostituées junkies, bref un flic plus que limite. Une enquête difficile, plus glauque que les autres (le viol d’une religieuse) l’entraine encore plus profondément dans la décadence… jusqu’à la rédemption… ?

Harvey Keitel. Bad Lt. Productions

 Bad Lieutenant dresse le portrait sans concessions d’un homme qui se dévore lui-même par ses besoins et ses déviances toujours plus nombreuses. Le film se déroule sur une période de quatre jours, correspondant à la finale d’un championnat de base-ball opposant les Mets aux Dodgers. Cette finale, le héros prend des paris dessus, et perd à chaque match un peu plus gros, abaissant un peu plus à chaque revers des Dodgers l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. Ces quatre jours ne sont que cocaïne, alcool puis héroïne. Se croyant plus ou moins protégé par son insigne, le héros perd peu à peu tout contrôle sur sa vie et s’exclu de lui-même de la société. Plus que l’ombre d’un flic, son arme et son insigne sont devenus pour lui des moyens d’intimidation pour satisfaire ses envies.

Harvey Keitel. Bad Lt. Productions

 "Keitel est un trésor national" dit Abel, et il a pas tout à fait tord le monsieur. En effet, on peut lui faire faire n’importe quoi à ce Keitel. Bien que le rôle soit très spécial et demande un jeu stupéfiant ; à noter que l’acteur était vraiment défoncé durant le tournage ; Harvey Keitel, totalement habité par ce rôle de flic pourri, s’y prête avec naturel et sincérité, allant même jusqu’à vraiment douter de sa personne. Tour à tour répugnant et pitoyable, il donne toute sa crédibilité au personnage central du film.

Harvey Keitel. Bad Lt. Productions

 Mais la force du personnage, et donc du film, ne s’explique pas seulement grâce à l’abnégation de Keitel pour son rôle mais également par la singularité de son réalisateur. Comme le lieutenant, Ferra n’est pas un personnage lisse mais, au contraire, un être torturé qui a goûté à tous les excès de la vie et dans lequel le personnage du mauvais flic se reflète étrangement. Aussi lorsque l’on voit évoluer le lieutenant dans les rues de New York, on a l’impression que cette silhouette étrange et torturée est la synthèse parfaite de l’auteur et l’interprète. Ferrera dit d’ailleurs de Keitel: "Ce film est un voyage sans répit dans les ténèbres. Vous pensez pouvoir rivaliser avec sa noirceur? La sienne dépasse tout". Le réalisateur et l’acteur ne font plus qu’un pour donner vie à un personnage et son parcours.

Harvey Keitel. Bad Lt. Productions

 
Bad Lieutenant - ma note pour ce film :
Réalisé par Abel Ferrara
Avec Harvey Keitel, Frankie Thorn, Victor Argo, ...
Année de production : 1992
Man In Black - Johnny Cash

Well, you wonder why I always dress in black,

Why you never see bright colors on my back,

And why does my appearance seem to have a somber tone.

Well, there's a reason for the things that I have on.



I wear the black for the poor and the beaten down,

Livin' in the hopeless, hungry side of town,

I wear it for the prisoner who has long paid for his crime,

But is there because he's a victim of the times.



I wear the black for those who never read,

Or listened to the words that Jesus said,

About the road to happiness through love and charity,

Why, you'd think He's talking straight to you and me.



Well, we're doin' mighty fine, I do suppose,

In our streak of lightnin' cars and fancy clothes,

But just so we're reminded of the ones who are held back,

Up front there ought 'a be a Man In Black.



I wear it for the sick and lonely old,

For the reckless ones whose bad trip left them cold,

I wear the black in mournin' for the lives that could have been,

Each week we lose a hundred fine young men.



And, I wear it for the thousands who have died,

Believen' that the Lord was on their side,

I wear it for another hundred thousand who have died,

Believen' that we all were on their side.





Well, there's things that never will be right I know,

And things need changin' everywhere you go,

But 'til we start to make a move to make a few things right,

You'll never see me wear a suit of white.



Ah, I'd love to wear a rainbow every day,

And tell the world that everything's OK,

But I'll try to carry off a little darkness on my back,

'Till things are brighter, I'm the Man In Black. 

 
Johnny Cash
Ponyo sur la falaise

 N'ayant pas le courage d'attendre la sortie française, en Avril 2009, du nouveau Hayao Miyazaki et ne pouvant pas résister à la tentation d'une excellente copie (qualité dvd) en VostAng trouvable un peu partout sur le net, je me suis donc lancé avec la curiosité et l'impatience d'un enfant de 5ans et j'ai été véritablement conquis. Gake no ue no Ponyo en japonais, est à l’image de son créateur : grandiose.

 Dans Ponyo, Miyazaki retourne aux fondamentaux, et utilise, comme son confrère Takahata pour "Nos voisins les Yamada", une animation basée sur de l’aquarelle. En quoi cela est ce intéressant ? éh ben cela montre à l’heure de la 3D, ou tout le poids est mis sur les effets spéciaux 3D et la technique, que l’on peut obtenir d’autres effets très intéressants. Ainsi, au lieu d’avoir un rendu très "lourd" (à la final fantasy, excellent techniquement du reste, visuellement peut être trop dense), l’animation se veut légère, fine, et colle à la perfection à la volonté de Miyasaki dans ce film, à savoir, nous plonger dans l’esprit d’un enfant.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

 La trame suit une petite princesse poisson rouge appelée Ponyo qui veut désespérément devenir humaine. En cherchant ce faire, elle devient amie d'un garçon de cinq ans, Sôsuke.

 L'histoire, jonchée de magie, raconte délicatement l’installation et le quotidien de nos deux petits compères. On est donc très loin du blockbuster marin de Disney (La Petite Sirène), et clairement proches de Mon Voisin Totoro. D'ailleurs, quite à choquer les puristes otakus, je qualifierais presque Ponyo sur la Falaise de Totoro 2 car on est très proche du style de ce film majeur : avec l'innocence de l’enfance mise face à un personnage fabuleux, l’absence de véritable ennemi et, au contraire, les notions très fortes de respect, de politesse et de compréhension...

 Hayao Miyazaki reste donc proche de ce qu’il a fait dans les temps glorieux du studio, une histoire féérique, suivant un minimum de personnes très touchante. Car encore une fois, nous ne sommes pas là pour voir des combats avec des ennemis (pas de sorcière donc !) mais bien pour apprendre la vie en communauté, la notion de courage également. L’amitié très forte qui va se créer entre les deux personnages est émouvante.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

 La musique des films de Hayao Miyazaki a toujours été assurée par Jo Hisaishi, et Gake no ue no Ponyo ne fait donc pas exception à ce qui convient d'appeler désormais une véritable institution. Et comme toujours, les compositions de Jo Hisaishi soulignent à merveille les différentes ambiances des mondes du maître de l'animation japonaise. Un vrai régal...

Walt Disney Studios Motion Pictures France              Walt Disney Studios Motion Pictures France

 
Ponyo sur la falaise - ma note pour ce film :
Réalisé par Hayao Miyazaki
La Chevauchée fantastique

 Lorsque "La Chevauchée fantastique" (1939) sort sur les écrans, cela fait douze ans que son réalisateur n’a pas tourné de western. Et pourtant, ce long métrage pourrait être qualifié de western du siècle. Mais n’est-ce pas déjà ce que l’on aurait tendance à dire pour la majeure partie des films de John Ford qui relèvent de ce genre ? Néanmoins, il est difficile d’en parler en d’autres termes puisque le réalisateur, avec cette oeuvre, a donné un sens nouveau au western, introduisant dans la convention du genre les détails psychologiques et l’analyse sociale sur fond historique. Il s’agit donc là d’une oeuvre marquée par une belle maturité.

Collection Christophe L.

 Dans la Chevauchée Fantastique, premier de ses quatorze westerns parlants, FORD tourne pour la première fois dans la Monument Valley qu'il rendra légendaire. La diligence du film arrive une première fois en haut d'une colline avec, à l'arrière plan, West Mitten, East Mitten et Merrick Butte. Elle plonge ensuite dans la vallée avec ces trois buttes à l'arrière-plan. Une deuxième vue importante de Monument valley est donnée juste avant l'attaque des Indiens. Depuis y furent notamment aussi réalisés La Poursuite Infernale, Le Massacre de Fort Apache, La Prisonnière du Désert ou Il était une fois dans l'Ouest. Dans la Chevauchée Fantastique apparaissent donc pour la toute première fois les impressionnants paysages de Monument Valley. Indissociables du film, ils constituent quasiment un personnage à eux seuls, au même titre que le bandit Ringo Kid ou la prostituée Dallas. Ils soutiennent l'action, la soulignent, la subliment. Ses interminables routes, tantôt en ligne droite tantôt sinueuses, forment de façon évidente des lignes de fuite dans le cadre de l'écran. Par ailleurs, leur implication dans le scénario est si fondamental qu'on pourrait presque qualifier la Chevauchée Fantastique comme l'ancêtre du genre road-movie.

 L’intrigue est d’une simplicité biblique : dans une diligence harcelée par les fiers Apaches de Geronimo, des personnages fort différents les uns des autres (une prostituée, un médecin alcoolique, une jeune femme enceinte, un joueur, un banquier, un shérif et un hors- la-loi...) foncent à bride abattue vers leur destin au fil d’un huis clos mouvementé et chaotique.

 La mise en scène, d’une redoutable précision, dévoile un rythme complexe. Le mélange des styles, de l’étude psychologique pleine de finesse (l’intrigue est en partie influencée par une nouvelle de Maupassant, Boule de suif) au pur film d’action truffé de cascades sur fond de paysages grandioses, donne au genre une nouvelle dimension.

 La chevauchée fantastique va profondément marquer l’histoire du western (et plus globalement du cinéma, d’ailleurs !), imposant définitivement, au passage, un de ses incontournables héros, le jeune et valeureux John Wayne.

 
La Chevauchée fantastique - ma note pour ce film :
Réalisé par John Ford
Avec John Wayne, Claire Trevor, Thomas Mitchell, ...
Année de production : 1939
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